jeudi 23 mai 2013

Le couteau aveuglant / Brent Weeks


Le porteur de lumière, Tome 2
 
Quatrième de couverture : Chaque lumière dissimule un secret. Chaque secret porte en lui une révélation.
Gavin Guile se meurt. Il croyait encore avoir cinq ans de répit avant de succomber au sort de tous les Prismes. En vérité, il lui reste à peine une année… À travers le monde, la magie des couleurs devient incontrôlable et menace de destruction les sept satrapies. Les anciens dieux reviennent à la vie, levant une implacable armée de spirites. L’unique salut pourrait se trouver du côté du frère renégat de Gavin. Celui dont il a volé la liberté il y a seize ans…

Avis : Depuis ma lecture du 1er tome, plus d’un an et demi s’est passé et j’ai eu du mal à me remettre dans le bain. Même si je me souvenais de l’idée générale, beaucoup de choses étaient floues pour moi et je me suis par moment sentie perdue. Mais subtilement, tout doucement, Brent Weeks remet les choses à leur place. Il le fait sans avoir recours à de grands résumés, comme on en trouve dans certains livres, mais par petites touches, par une phrase justement placée, par un souvenir, qui rappellent alors les évènements passés. Et petit à petit, on se laisse embarquer à la suite des héros…

Nous retrouvons Gavin, toujours aux prises avec mille et un complots, et son fils, Kip, qui tente d’intégrer la célèbre Garde noire afin d’honorer son père. Mais nous faisons également plus ample connaissance avec le froid, incisif et impitoyable luxeigneur Andross Guile, le patriarche de la famille. De nouveaux protagonistes (Teia, Cruxer, Janus…) viennent également se mêler aux anciens (Liv, Karris, Poing-de-fer, le Blanc…) et chacun apportera sa pierre à l’intrigue.

Les personnages suivis alternent selon les chapitres. Comme souvent lorsque c’est le cas, on est plus ou moins intéressé selon ceux que l’on suit, et certains passages peuvent sembler assez longs. Là, mon attention était surtout dirigée vers Kip. Il est au cœur de ce tome et c’est dans ces pages que se construit l’homme qu’il deviendra. Je l’ai beaucoup apprécié. Malgré un mauvais départ dans la vie et en dépit de ses doutes et ses peurs, il essaie vraiment de faire quelque chose de sa vie. Impertinent et colérique, il sait être plein d’humour. Mais il est également traumatisé par les horreurs de la guerre. Dans un monde où le pouvoir corrompt les êtres, comment s’en sortira-t-il ?

Je suis émerveillée par le talent de l’auteur. Il a créé un monde élaboré, parfaitement construit et cohérent. Ce n’est pas tant la guerre qui s’y prépare qui est intéressante ici, mais plutôt toutes les petites manipulations et tous les secrets qui y mènent. Au cœur de ces secrets, nous trouvons des êtres troubles et profondément humains, c'est-à-dire imparfaits et complexes. Ce ne sont pas des héros dans le sens où on l’entend habituellement : gentils, bons et qui font toujours le choix du bien. Les leurs sont souvent discutables, mais c’est également ce qui les rend remarquables.

Brent Weeks est un maitre cruel pour ses personnages. À chaque fois que les choses semblent s’arranger pour eux, un nouveau problème, généralement bien désagréable, s’abat sur eux. Et il le prouve de façon magistrale, avec cette fin absolument terrible pour leur avenir !

Alors oui, ce n’est pas L’ange de la nuit, mais Brent Weeks nous présente ici une histoire enlevée, originale et pleine de rebondissements. Ses personnages sont travaillés, son monde est riche et son intrigue passionnante. On est même très loin du manichéisme que l’on trouve souvent en fantasy, ce qui est pour moi un très bon point. Alors même si Le porteur de lumière n’a peut-être pas la force et l’impertinence de son ainé, il reste néanmoins un très bon roman et c’est sans hésiter que je lirai le dernier tome de la série.

« Mon honnêteté ? Alors que je te dis la vérité sur un point, mais que je mens pour tout le reste ? Trouve-moi une autre qualité, mon garçon. Je mens comme je respire. »

Roman publié aux éditions Bragelonne – Traduit par Emmanuelle Casse-Castric 


mardi 21 mai 2013

L'ange blond / Laurent Poujois


Quatrième de couverture : Deux siècles après la victoire de Napoléon sur l’Angleterre, l’Empire s’est construit autour des nanotechnologies, des transports en dirigeables, des fusées ultra-rapides et d’une conquête spatiale très avancée.
Aurore Lefèvre, dit l’Ange blond, vétéran de la Légion, est une tête brûlée qui doit reprendre du service. Elle dispose d’une semaine pour démanteler un réseau de conspirateurs prêts à abattre l’aigle impérial…

Avis : Un récit de sf très réussi, enlevé et prenant. L’ange blond tient autant du roman d’espionnage que de celui d’aventure, le tout dans un monde futuriste parfaitement cohérent et bien pensé. Le mélange d’uchronie à caractère très politique, et de sf pure, avec l’aspect technologie avancée (biônes, moyen de transport ultra-rapides…), est savamment dosé. L’univers est également teinté d’humour grâce aux répliques acidulées de l’héroïne ainsi qu’aux biônes de services, entités à part entière dotées de volonté propre et d’un caractère souvent capricieux.

Depuis qu’elle s’est retirée de la Légion Impériale après une mission qui a mal tourné, Aurore Lefèvre s’est reconvertie dans l’orchestration (sorte de DJ ultra sophistiqué) ; l’ange blond est son nom de scène. De son passé dans la légion, elle a gardé un goût prononcé pour le danger : défis pour battre des records dans des sports extrêmes (face auxquels les nôtres passent pour de petits joueurs) sont ses passe-temps préférés. C’est contrainte et forcée qu’elle doit reprendre du service, afin de déjouer un attentat sur l’impératrice Caroline Bonaparte. Mais aux yeux de l’ACI, et malgré son « petit problème » avec l’autorité, elle possède des qualités indispensables dont la moindre est de pouvoir s’infiltrer très facilement dans la préparation de la réception où, selon leurs sources, l’attaque devrait avoir lieu.

Aurore a une semaine pour identifier les comploteurs et déjouer la conspiration, et cette enquête sera loin d’être de tout repos ! Car même si elle n’a pas voulu de cette mission, Aurore est quelqu’un qui se donne à fond dans tout ce qu’elle entreprend. Frondeuse et tête-brûlée, c’est un personnage qu’on a plaisir à suivre. Sûre de ses capacités, elle ne compte que sur elle-même et n’hésite jamais à se jeter dans la mêlée.

La personnalité détonante de l’héroïne et l’intrigue donnent un récit très dynamique, truffé d’actions spectaculaires. L’ange blond, c’est James Bond au féminin au service de l’Empire. Et si j’ai eu un peu de mal, au début, à appréhender le monde créé, les passages encyclopédiques commençant chaque chapitre aident rapidement à situer le contexte et permettent de lui donner corps. Très vite, je me suis sentie parfaitement à l’aise et avide d’en savoir plus. D’autre part, des petits clins d’œil à des événements historiques réels parsèment l’histoire de manière détournée et fort amusante.

Si l’intrigue se clôt à la fin du livre, dans son épilogue, Laurent Poujois ne dédaigne pas la possibilité d’une suite. Suite, qui serait vivement appréciée !

« Il n’y a pas de plaisir sans danger, telle est ma devise. […] La raison et la sagesse étant l’apanage des rampants et des vieillards, j’optai pour un choix plus radical. J’allais encore payer de ma personne… »

Roman publié aux éditions Mnémos (Hélios). 


Emma Bannon & Archibald Clare de Lilith Sintcrow


Le 5 juin, la nouvelle série de Lilith Saintcrow sortira directement au Livre de poche ! Comme souvent avec l'auteur, la saga porte le nom de ses héros, ici, Emma Bannon & Archibald Clare. Le premier tome s'intitule Le mystère du Drake mécaniste.

Le second tome vient juste de sortir outre-atlantique.

Résumé éditeur : Emma Bannon, sorcière au service de l’Empire, a pour mission de protéger Archibald Clare, le dernier mentath non répertorié vivant, la nouvelle cible d’un tueur en série qui s’en prend aux plus grands génies de Londres. D’ailleurs, ils se tolèrent à peine, et le fait que le protecteur de Bannon, Mikal, peut être lui-même un traître, ne les aide pas non plus. Sans compter que le complot est tout aussi prêt à les tuer eux qu’à les inciter à trahir leur Reine et leur pays.

Top Ten Tuesday #6


Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon un thème littéraire prédéfini.
Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani.

Cette semaine :

Les 10 livres à lire lorsque vous voulez quelque chose de simple et léger




Et vous, quel est votre top ?

lundi 20 mai 2013

Du nouveau dans nos PAL


L'anniversaire d'Ella et le mien ont eu lieu à seulement quelques semaines d'intervalles et nous avons eu le plaisir de recevoir chacune quelques jolis cadeaux livresques... Enfin, moi, en tout cas, je ne vais pas (présomptueusement) parler pour elle, puisque c'est moi qui lui ai offert les siens ^^
Pour compléter cela, quelques petits achats, partenariats et emprunts à la bibliothèque.

Les cadeaux :




Les achats :





Les emprunts :


Les partenariats :


samedi 18 mai 2013

Le trône de fer, Intégrale 2 / Georges R. R. Martin


Résumé : Au royaume des Sept Couronnes, rien ne va plus. La mort du roi Robert a clos une longue période d’été, de paix et d’apparente prospérité : le Trésor est au bord de la banqueroute, et trop nombreux sont les candidats prétendument légitimes au Trône de Fer : Stannis et Renly Baratheon le disputent à leur neveu Joffrey, tandis que Robb Stark, proclamé roi du Nord, s’efforce de venger son père naguère condamné à mort et exécuté sous couleur de trahison. Au fin fond de l’Orient, l’unique descendante des anciens rois targaryens médite sa revanche en élevant ses trois dragons… L’hiver vient, qui grouille de forces obscures, de mages et de morts-vivants, d’intrigants sournois prêts à tous les maléfices en vue de fins impénétrables. 

Avis : J’ai un avis mitigé de cette deuxième intégrale, car elle était à la fois prenante et passionnante, aussi bien qu’ennuyeusement longue. L’auteur multiplie les intrigues, les machinations, les coup-bas, les trahisons, les alliances… Nous sommes alors pris et happé dans l’histoire et nous suivons avidement le devenir des familles Stark et Lannister. Par ailleurs, l’auteur nous submerge de multiples rebondissements et de retournements de situations. Mais, tout de même que de longueur pour en arriver au dénouement de cet opus. J’ai vraiment le sentiment à la fin de ce roman d’être revenue à la case de départ avec, bien sûr, de nombreuses morts et disparitions parmi les protagonistes. 

L’auteur, comme dans la précédente intégrale, maintient la tension du livre et augmente le suspens du récit en alternant le suivi des personnages à chaque chapitre. D’autres protagonistes font leur apparition. On suit alors en plus d’Arya, Sansa, Jon, Bran, Lady Catelyn et Tyrion, Theon et Davos. Avec eux, l’auteur fait entrer d’autres machinations et intrigues pour la prise de pouvoir et du trône de fer. Le personnage d’Arya reste celui que je préfère. Celui de Tyrion vient juste après. En revanche, je ne suis toujours pas une grande fan de Sansa, de même pour Lady Catelyn. D’ailleurs, en lisant les chapitres qui la concerne, je m’attends toujours à ce qu’une de ses actions, de ses prises de décisions entraînent une catastrophe. Et, le dernier chapitre du livre, me laisse présager le pire de sa part. Le personnage de Bran est, quant à lui, trop mou, même s’il apporte une part de magie et de mysticisme au roman. Jon est un personnage que j’apprécie, même si j’ai l’impression en lisant ses chapitres de faire du surplace. Arya et Tyrion sont incontestablement les deux personnalités les plus intéressantes et les plus détonantes. Leur débrouillardise, leur volonté et leur intelligence les démarquent des autres, surtout face à tout ce qui leur arrive. 

Cette suite est très intéressante et se lit avec passion, mais le rythme du récit est tout de même bien long. Pourtant j’attends avec impatience de me jeter sur la troisième intégrale pour savoir ce qui va arriver à tout ce petit monde. Les Lannister auront-ils le dernier mot ? 

Roman édité par les éditions J’ai Lu – Traduit par Jean Sola

Les furies de Calderon / Jim Butcher


Codex Aléra, Tome 1 

Quatrième de couverture : Depuis mille ans, les habitants d’Aléra repoussent les peuplades sanguinaires qui rançonnent le monde en usant de leur relation particulière avec les furies – les forces élémentaires de la terre, de l’air, du feu, de l’eau, du bois et du métal. Mais dans la lointaine vallée de Calderon, Tavi ne maîtrise encore aucun élément, à son grand désespoir. À quinze ans, il n’a toujours pas de furie du vent pour l’aider à voler, ou de furie du feu pour allumer ses lampes. Pourtant, lorsque les féroces Marats font leur retour dans la vallée, le courage et l’ingéniosité de Tavi vont se révéler une force bien plus cruciale que n’importe quelle furie. Une force qui pourrait lui permettre d’altérer le cours de la guerre… 

Avis : Dans ce premier tome, l’auteur nous présente un univers mêlant fantasy et influence romaine. Celle-ci se retrouve dans les noms à consonance latine des régions et des personnages, ainsi que dans la structuration de l’armée en légions et dans la formation au combat des soldats. Ainsi, nous avons le sentiment d’errer, tout le long de notre lecture, dans la Gaule gallo-romaine. L’idée est très originale, de même que la touche magique mise en place par Jim Butcher au travers des furies. Ce sont des entités qui permettent à celui qui en possède, et selon leurs fonctions, de manier l’air, l’eau, la terre ou/et le feu. 

Les personnages principaux sont tous sympathiques et attachants, même les « méchants » comme Fidélias, car leurs agissements sont compréhensibles. Ils se rebellent contre le gouvernement en place et se comportent en traitres, mais ils le font en suivant leur idéologie (Fidélias), leur soif de vengeance (Aldrick) ou leur volonté de liberté (Odiana). Je n’irai cependant pas jusqu’à dire que je soutiens leur cause, ma compréhension à ses limites, car pour réaliser leur projet, ils ne se soucient pas de tuer, voire de massacrer les innocents qui se trouvent sur leur route. Amara, le curseur du Premier Duc, aura alors la charge de défendre la vallée de Calderon afin qu’elle ne tombe pas aux mains de l’ennemi. Pour mener ce dur combat, elle pourra compter sur une famille d’exploitant qui se révélera plus puissante et rusée que tout un bataillon de l’armée. 

La grande majorité de ce premier volume est vraiment prenante et se lit avec passion. J’ai été accroché au livre sans pouvoir m’y détacher, car l’auteur a multiplié les retournements de situations qui ménagent le suspens. Cependant, le début et la fin du livre sont moins captivants. J’ai d’ailleurs trouvé que la tournure que Jim Butcher donne à son dénouement était trop facile et téléphonée. Certaines des situations amenées, telles que les relations amoureuses de Tavi et Amara sont pour le moins, très prévisibles, même si elles sont touchantes de simplicité et d’innocence. Bien sûr cette histoire est plus compliquée et mystérieuse qu’elle n’en a l’air, car de lourds secrets pèsent sur cette vallée et cette famille d’exploitant. Mais, ils sont évidents, dès le début, et la fin permet de plus ou moins confirmer nos soupçons. Il faudra certainement lire la suite pour découvrir tous les tenants et aboutissements, même si nous avons déjà de très gros doutes. 

Un dernier point, non négligeable, m’a chagriné dans ce roman. C’est le moyen qu’a trouvé l’auteur pour faire disparaitre et réapparaître facilement ses personnages sur l’échiquier. Ainsi, malgré tout le suspens qu’il crée avec ses nombreuses péripéties, il le plombe par ce stratagème. Cette facilité à pouvoir tout recommencer, son histoire et son intrigue, est bien commode, mais cette méthode est assez décevante. Pourtant, j’avoue que je lirai certainement le second tome, car je suis assez curieuse de voir où va nous mener Jim Butcher. 

Roman édité par les éditions Milady – Traduit par Caroline Nicolas